L'orange mécanique

Œuvre prémonitoire s'il en fut, ce roman d'Anthony Burgess, paru en 1962, a pour cadre un monde futuriste furieusement proche du nôtre. Son héros, le jeune Alex, s'ingénie à commettre le mal sans le moindre remords : en compagnie de ses drougs, il se livre à la bastonnade, au viol et à la torture au son d'une musique classique censée apporter la sérénité de l'âme. Incarcéré à la suite d'un hold-up raté, il subit un traitement chimique qui le rend allergique à toute forme de violence. A sa sortie, devenu …

Livre broché, 316 pages

Langue : French

Publié 3 juin 2010 par Robert Laffont.

Déplier
ISBN :
978-2-221-10849-9
ISBN copié !
Numéro OCLC :
690860063

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Sujets
  • Adventure stories
  • Roman d'aventures
  • Délinquance juvénile
  • Romans, nouvelles
  • Jeunes délinquants
  • Réhabilitation
  • Violence

Critiques

Une langue qui transforme la violence en jeu

L’Orange mécanique m’a dérangé avant tout par sa voix. Anthony Burgess confie le récit à Alex, adolescent violent qui dirige une bande de jeunes dans une Angleterre imaginaire et dégradée. Il commet des actes monstrueux, mais il les raconte avec une énergie, un humour noir et un plaisir verbal qui rendent la lecture volontairement inconfortable. Comme texte de la littérature anglaise, le roman unit provocation stylistique et réflexion morale.

Le nadsat, l’argot inventé par Burgess, joue un rôle essentiel. Au début, j’ai dû m’habituer à cette langue mêlant anglais, russe et inventions sonores. Puis j’ai compris qu’elle crée une distance morale troublante. Elle empêche le lecteur de recevoir la violence dans un langage ordinaire, tout en l’attachant à la conscience d’Alex plus étroitement qu’il ne le souhaiterait.

Le roman ne demande pas que nous aimions son narrateur. Il pose plutôt une question difficile : qu’arrive-t-il lorsqu’un État …