Leito a publié une critique de La voix des morts par Orson Scott Card (Le Cycle d'Ender, #2)
La Voix des morts
4 étoiles
[Rattrapage des lectures de 2025 avant que la mémoire ne fasse défaut]
J'avais terminé le premier tome du Cycle d'Ender d'Orson Scott Card avec quelques réserves quand à certaines mécaniques narratives ou idéologiques, mais quelqu'un ici m'a dit que la suite en valait la peine, ce qui a suffit à faire tomber mes faibles réticences et m'a permis de finir ce que j'avais commencé (ouf).
Le roman reprend la nouvelle trame narrative de la fin du tome précédent, où suite au récit d'apprentissage guerrier succède la période de la repentance, la refonte du rapport de l'humanité à la vie extraterrestre ainsi qu'une nouvelle philosophie du deuil qui met en avant les multiples vérités des êtres complexes (humains ou extraterrestres).
C'est donc un tome plus posé, moins centré sur les séquences d'action et davantage sur les questionnements xénologiques (ethnologie des formes de vie extraterrestres intelligentes) et xénobiologiques des …
[Rattrapage des lectures de 2025 avant que la mémoire ne fasse défaut]
J'avais terminé le premier tome du Cycle d'Ender d'Orson Scott Card avec quelques réserves quand à certaines mécaniques narratives ou idéologiques, mais quelqu'un ici m'a dit que la suite en valait la peine, ce qui a suffit à faire tomber mes faibles réticences et m'a permis de finir ce que j'avais commencé (ouf).
Le roman reprend la nouvelle trame narrative de la fin du tome précédent, où suite au récit d'apprentissage guerrier succède la période de la repentance, la refonte du rapport de l'humanité à la vie extraterrestre ainsi qu'une nouvelle philosophie du deuil qui met en avant les multiples vérités des êtres complexes (humains ou extraterrestres).
C'est donc un tome plus posé, moins centré sur les séquences d'action et davantage sur les questionnements xénologiques (ethnologie des formes de vie extraterrestres intelligentes) et xénobiologiques des personnages principaux, ce qui est, je dois l'avouer, complètement ma came. J'aime beaucoup voir se construire des univers imaginaires, voir jusqu'où on peut les pousser, en explorer tous les retranchements et découvrir les liens qui maintiennent l'ensemble. Et je dois dire qu'Orson Scott Card est très convainquant de ce côté-là, avec un univers cohérent et passionnant.
Donc ça me parle beaucoup lorsque, comme ici, je vois les personnages se confronter à une nouvelle forme de vie extraterrestre, les piggies, en cherchant l'approche la moins destructrice (ils sont moins évolués technologiquement, donc on veut éviter d'accidentellement accélérer leur évolution en tant que civilisation en leur donnant accès à des connaissances ou technologies hors de leur portée) tout en tentant d'en apprendre le plus possible sur une forme de vie dont la nature même n'est pas concevable pour l'esprit humain. Cette contradiction fondamentale entre ne pas perturber l'étranger, garder à l'esprit qu'il peut être une espèce dangereuse pour l'espèce humaine ; et vouloir à tout prix assouvir sa soif de connaissance et sa curiosité en tissant des liens avec celui-ci.
Le personnage d'Ender finit par intervenir pour remettre de l'ordre dans tout ça, en penchant un peu sur l'effet deus ex machina de l'homme le plus intelligent et empathe du monde qui arrive à tout comprendre et tout résoudre par la parole, mais j'ai moins de mal à l'accepter dans ce tome, parce que le contexte (des drames familiaux, de l'éthique scientifique face à la peur primaire de l'étranger) est plus riche que le dilemme moral mal posé du tome 1. On est plus avec lui comme un enquêteur qui nous délivre les réponses qu'on a passé un demi-livre à attendre, ce qui est toujours satisfaisant.
Autant dire que j'ai enchaîné directement sur le tome 3.